LA LOOSE EST IMMORTELLE ET NE S'ENCONCOMBRE PAS DE VANITE
Now I lay me down to sleep,
I pray the Lord my soul to keep.
If I should die before I wake,
I pray the Lord my soul to take.
GEARS OF WAR 2
En 2006, Gears of War était l’arme secrète de Microsoft pour faire la nique à la PlayStation 3. Et ça avait plus que très bien marché : des millions d’exemplaires vendus et un culte était né. Il faut dire que Gears avait des arguments : une atmosphère hyper immersive, un système de couverture génial, un gameplay parfaitement réglé et puis surtout, surtout, une réalisation technique absolument phénoménale. A tel point que la PlayStation 3 ne pouvait tout simplement pas rivaliser.
Alors évidemment, avec un carton pareil, Gears appelait une suite. Forcément. Mais aussi commerciale que soit la logique, il faut noter que Microsoft et Epic n’ont pas voulu se précipiter. Il aura en effet fallu attendre deux ans – soit deux fois le délai commercial « classique » – pour voir débarquer Gears of War 2. Une suite que Cliff Bleszinski, game designer et porte-parole du projet, qualifiait tout simplement de « bigger, better, and more badass ». Et il avait foutrement raison.
Gears 2, c’est exactement Gears 1 en plus grand, en meilleur, et en encore plus bourrin. C’est peut-être un « simple » Gears 1.5, mais vu la qualité du n°1, personne ne viendra se plaindre. Ce qui change, c’est que Gears 2 est beaucoup plus varié que Gears 1. On retrouve bien évidemment les ruelles délabrées et tout le toutim, mais pas seulement. Gears 2 vous emmènera au fond de l’enfer. Vous serez propulsé dans les intestins d’une créature grande comme une ville, vous arpenterez les bas-fond des cavernes et des temples Locustes, vous visiterez un laboratoire ultra-secret abandonné, vous serez pris dans des immeubles en flammes en train de s’effondrer…
Le bestiaire s’est lui aussi un peu étoffé. Certaines créatures que vous n’aviez qu’entraperçues dans Gears 1 vous sauteront ici dessus par dizaines. Le meilleur du meilleur : vous serez même amené à monter sur le dos d’un Brumak pour une séquence de destruction historique…
Les mises à mort à la tronçonneuse sont évidemment toujours de la partie, avec ce que ça comporte comme hectolitres de sang, mais maintenant vous pourrez même faire des duels, et malheur à celui qui perdra le bras de fer. Ce qui est sûr, c’est que l’un des protagonistes finira en morceaux… Autre petite nouveauté : vous pourrez vous saisir d’un Locuste agonisant pour le changer en bouclier. Gore, quand tu nous tiens.
Car, oui, Gears 2 est toujours aussi gore, et même plus encore. Le sang et les trippes giclent dans tous les sens, et c’est à rugir de plaisir.
Le scénario est toujours aussi basique, et les répliques à prendre au dixième degré sont toujours aussi fun. Et là où l’on pensait qu’Epic se prendrait les pieds dans le tapis, c’est-à-dire en voulant donner de la consistance à l’un de ses personnages, ça donne finalement une scène très réussie. Une scène unique, certes, mais réussie. Sombre et glauque, la scène des retrouvailles de Dom et de sa femme est un bijou de drame et de sobriété.
Côté technique, Gears 2 est la démonstration que l’Unreal Engine 3 est bien l’un des plus beaux bijoux du marché, et que son créateur Epic en reste le maître absolu : bien que vendu à tout un tas de concurrents, personne ne dompte la bête aussi bien que l’équipe de Cliff Bleszinski. C’est bien simple : à part Crysis sur un PC hors de prix, rien n’arrive au niveau de Gears 2. Désormais, les Locustes apparaissent par dizaines à l’écran, avec en arrière-plan une ville ravagée de toute beauté, ses cathédrales en train de s’effondrer, ses flammes rougeoyantes et ses volutes de fumée…
Au final, on ne peut que s’incliner devant Epic pour ce Gears 2, peut-être classique mais d’ores et déjà tellement mythique. En fait, en enchaînant les morceaux de bravoure avec la cadence d’une sulfateuse Locuste, Gears 2 est probablement le plus phénoménal jeu d’action de tous les temps.