AN INTIMATE EVENING OF GRAND ILLUSION
ZENITH de PARIS – 22/10/2005
Rencontre avec le plus grand magicien de tous les temps
***CONTENT***
22 Octobre 2005, 19h30. Devant le Zénith, il pleut et il fait froid. J’attends depuis 20 minutes. Y’a un type devant moi qui n’arrête pas de parler du nouveau système d’éclairage du Zénith qui devrait empêcher Copperfield de faire un certains nombres de tours. Apparemment, il a peur de ne pas voir le tour de la téléportation. Enfin, les portes s’ouvrent. Evidemment, la confiance règne, alors tous les sacs sont fouillés. Je me laisse faire avec un grand sourire en disant « Non, non, je ne ferai pas de screener ». La fille me regarde avec un drôle d’air puis me laisse entrer.
On est entré mais on a pas encore le droit d’accéder à la salle. Des espèces de gorilles nous en empêchent. En attendant, des gonzesses essaient de nous vendre le programme du spectacle pour 12€ ainsi que le DVD « Illusion » pour 30€. C’est probablement pas le moment de dire que je l’ai eu gratos sur Emule. Enfin on entre. Des supers jolies filles sont là pour nous emmener vers notre place. Des pancartes indiquent partout que c’est à nous de les payer sinon elles sont pas rémunérées. Ce sont vraiment des rats ici au Zénith. Allez, hop, je lâche 2€. Après la place à 80€ et le train à deux fois 69€, j’en suis plus à ça près.
La salle est immense, 100 mètres sur 100 à vue de nez. Mais je m’attendais quand même à plus grand. C'est le Zénith quand même, merde! Hem bref. Je suis sur le parterre, place S29, *juste* devant la scène. Trois écrans géants diffusent en boucle les exploits de David : « plus grand magicien de tous les temps, sacré Chevalier des Arts et des Lettres par la France, magicien du millénaire », etc. Il se la pète un peu, mais bon en même temps lui il peut se le permettre. La salle se remplit lentement. Je vois passer cette grosse pédale de Magloire ainsi que l’équipe de Laurent Ruquier (On a tout essayé, France 2). Je mate quelques sublimes blondasses très russian-style habillées super léger. Il s’avérera en fait que ce sont les assistantes de môssieur Copperfield. Il s’emmerde pas, le mec.
20h50, après 20 min de retard, les lumières s’éteignent enfin. Sur l’écran géant, la bande annonce du spectacle, où je reconnais tout de suite le texte « Imagine… » qui annonce le tour où David va se téléporter à l’autre bout de la planète. Putain il va le faire. Et voilà les assistantes qui présentent une cage en acier qu’elles font pivoter dans tous les sens, puis le tout est recouvert d’un drap qui se retire 3 secondes plus tard pour découvrir David apparu à l’intérieur sur une énorme Harley Davidson. Evidemment, standing ovation. Putain, *IL* est là. Habillé comme d’habitude : jean noir, t-shirt blanc, chemise bleue ample et ouverte. Je note qu’il a pris un peu de poids, mais rien de bien méchant.
David parle américain, un traducteur s’occupe de répéter en français, mais heureusement il fait pas le boulet : il ne traduit pas tout, juste l’essentiel, comme ça David n’est pas constamment coupé et moi je peux l’entendre et le comprendre en américain. Le show est retransmis en permanence sur les 3 écrans géants avec un certain style dans le cadrage de la dizaine de réalisateurs.
David demande à tout le monde de tendre les bras vers l’avant et nous fait faire des gestes de plus en plus cons. Finalement il nous sort :
-Vous avez l’air bien ridicules, hein ?
Puis il enchaîne, en français :
-Blague !!!
Le coup de la « blague » il va pas arrêter de nous le faire.
Bon, il arrête les conneries et nous dit sérieusement de tendre les bras en avant et de joindre nos mains une fois retournées pouces en bas. Il nous montre. Et là, brusquement, ses mains font 180° et se retournent pouces vers le haut. Tout le monde est cassé. Ca doit être tout con mais on a rien vu.
Puis il nous explique que ce soir il va se téléporter à l’autre bout de la planète. Tout n’est qu’une histoire de volonté. Nous aussi on peut le faire. Il nous demande d’essayer, de fermer les yeux, d’imaginer où l’on veut aller. Grosse musique bien sentimentale. Il fait monter la pression, la musique s’emballe…
-Et maintenant… Ouvrez les yeux ! … Vous êtes encore là !!! Blague !!!
Quel relou celui-là.
Fini les conneries. Il fait descendre une gigantesque plaque d’acier du plafond et s’allonge dessous. Des spectateurs viennent marcher dessus et vérifient la plaque. Puis un drap élastique est posé sur le tout. On voit les doigts, puis les mains et les bras de David qui déforment le tissu à travers la plaque. Brusquement, sur le côté, il déchire le tissu et hurle en sortant un bras. Il rentre tout. Puis son visage s’imprime sur le tissus, ses bras, ses jambes, tout traverse, les assistantes font pivoter le bordel pour montrer qu’il n’y a rien derrière, la silhouette de David se tord dans tous les sens en hurlant puis le tissu est arraché et voilà David qui vient de traverser une plaque d’acier de 5 cm.
Ensuite il demande l’aide du public, évidemment je me lève comme plein de gens mais il a besoin d’une femme. Branlère. Il veut lui faire un enfant. Plein de filles se rassoient. Pourtant monsieur est beau gosse. Finalement il choisit une petite vieille. Il amène un grand carton de faire-part, replié, où est écrit le nom de leur futur enfant. Le faire-part est posé sur un socle transparent devant le public. Il assoit la vieille sur une chaise sur scène et sort une toute petite malette posée sur un socle en plexiglas transparent :
-Toutes nos affaires sont ici pour faire un enfant.
Et voilà qu’il sort un gigantesque bocal de cornichons absolument monstrueux. Le truc qui ne pouvait *pas* rentrer dans la mallette, mais enfin c’est David. Evidemment, grosses blagues bien phalliques avec des cornichons plus ou moins ressemblant à de grosses teubs. Il balance 2 corniflards dans le public en disant qu’il voit déjà les gros titres des journaux demain : « Un magicien pète les plombs et assomme son public à coups de cornichons géants ». Bon. Les deux filles qui les chopent montent sur scène. Elles lui rendent les cornichons, dont un est mordu goulûment. Faut voir la tronche de David qui le récupère. Une des filles doit dessiner une carte sur une feuille gardée secrète et l’autre le nom du futur enfant. Il demande à la fille de montrer le nom qu’elle a choisi : Gaston. Ceci fait, il ouvre le faire part et, évidemment, Gaston était écrit dessus, alors que le faire-part était écrit avant que la fille ne monte sur scène. Puis une infirmière vient faire une échographie du petit Gaston sur écran géant. David lui demande quelle carte a choisi l’autre fille. Gaston brandit le 4 de carreau et, bien sûr, c’était ça ! Quel connard, celui-là.
Grand cri de canard. Webster arrive en courant et voletant sur scène, zoom de la caméra et on voit qu’il a une énorme chaîne en or avec un monstrueux insigne « W » autour du coup. Trop bon. David nous présente donc Webster Le Rappeur. Il nos dit qu’il est aussi acteur et Webster nous fait sa « palette » d’émotions toutes pourrües et il se met à pisser un grand coup de 10 mètres dans le public. Mort de rire. Webster retourne en coulüsses.
Deux autres filles sont choisies. Une doit choisir une carte, l’autre se voit apporter par David un nouveau copain dans sa boîte en plexiglas : Anthrax, un énorme scorpion noir immonde. La fille devient toute blanche. David sort une énorme seringue :
-Voilà l’antidote au cas où il te pique : son venin est mortel.
-…
-Tu veux que je te pique où en cas de problème ?
-…
Puis David passe lentement sa main sur le bras opposé de la fille, mimant un scorpion qui lui monte dessus. La fille hurle, David est ravi avec sa tête de con. Trop bon. Il lui file des gants puis fait mine de lui d’incliner la boîte d’Anthrax pour qu’il lui tombe dans les mains. La fille va de moins en moins bien.
-Blague !!
En fait il lui pose la boîte dans les mains. La fille soupire. Il prend un paquet de cartes qu’il étale en un disque maintenu par une pince et s’approche de la fille au scorpion.
-Fais gaffe… Des fois, il saute. A peu près aussi haut que ta tête… Blague !!!
Là il chope le scorpion à mains nues et il le place au-dessus du disque de cartes. Et là, évidemment, le scorpion saisit une carte… et c’est la bonne. ! Brechen.
Il enchaîne sur son célèbre numéro de « compression » où il s’enferme dans une boîte qui se compacte. En 10 secondes, il fait à peine 20 cm de long. Tout fier de lui. On entend des « coin coin » depuis les coulisses. Brusquement Webster se pointe en hurlant, poursuivi par un assistant et tous deux redisparaissent. David fait une pure tronche.
Il nous dit qu’on va jouer au Loto. Il nous montre un coffre-fort dans lequel il a déposé un papier et une cassette audio avec 6 numéros entre 1 et 50 et d’autres infos. Il va prendre 3 personnes au hasard et leur demander ces chiffres. Ils sont censés concorder. Alors il balance des freesbee au hasard dans le public. Un type en chope un et dit ses deux chiffres. David lui demande :
-Tu portes un slip ou un caleçon ?
-Un caleçon !
-Quelle couleur ?
-Bleu !
Et il note tout ça sur son panneau géant.
Second freesbee. Putain… il vient vers moi ! Le petit vieux devant moi se lève pour le choper mais y’a pas moyen, je m’impose. Il a pas le temps de protester : 10 spots de 1 milliards de watts sont sur moi et je suis sur les écrans géants. Putain j’y crois pas.
-Alors, ces chiffres ?
-Euh… 1, euh, non, 2 et 29 !
-Très bien, 2 et 29 (il note). Mais j’ai aussi besoin de quelque chose de plus… personnel. Depuis combien de temps tu as… Enfin, tu vois (il mime le truc).
-Euh… L’été dernier…
-Quoi ?
-Last summer dit le traducteur.
-T’es marié ou quoi ? Bon sans déconner, donne moi un chiffre… Combien de mois vu qu’on est plus en été !
-Euh… bah… 2 mois !
-OK ! Bon toi on va t’appeler le « 2 month guy ».
Je me rassois. Putain qu’est-ce que j’ai branlé de mon freesbee, moi ?
Il tombe sur une femme.
-… Maintenant que j’ai vos deux nombres… C’est pas correct de vous demander votre âge alors je vais vous demander… votre poids ! (le crevard).
Il note tout ça.
-Et maintenant… J’appelle sur scène : notre ami « blue boxer » (caleçon bleu), notre très cher «2 month guy » et enfin « madame kilo ».
Putain trop fort j’y crois pas. Je cours sur scène avec le spot dans la gueule. Arrivé au pied de la scène, un gorille me dit d’attendre un peu, puis on monte tous les trois. Une superbe bonasse me place très précisément sur l’étiquette « guy #2 ». David vient nous serrer la main, à moi en dernier puis au dernier moment il évite ma main l’enculé. Cassé. Il file une clé au blue boxer et lui demande d’ouvrir un des cadenas du coffre.
-How do you say box in french ?
-Yes, box!!
-... Non, boîte! I am american and it’s me who is teaching YOU how to say box in french ?
-Ah ouais merde j’avais pas compris (cassé).
A mon tour. Il me tend 3 clés.
-Prends en 2, mon cher « 2 month ».
J’en chope 2 et j’essaye d’ouvrir ces saletés de cadenas en repensant que j’ai toujours beaucoup de chance avec ces saloperies et que y’a quand même 6000 personnes qui me matent.
Enfin j’y arrive. Il me demande de sortir la cassette et la grande affiche pliée, le tout sous scellé. Je dois donner la cassette à la « madame kilo » qui la met dans l’autoradio. La cassette annonce tous les chiffres : ce sont les bons ! Puis je déroule l’affiche avec David (en en profitant pour lui faire les oreilles d’âne): tout y est, les bons chiffres, « blue boxer », « 2 months » et le poids de la fille. L’hallu.
Puis il nous demande à moi et blue boxer de nous agenouiller chacun sous un petit pilier de 1.5m et de le serrer très fort. 10 personnes du public sont invitées pour nous entourer et tout bien vérifier. On est recouvert par un drap, un bruit pas possible, le pilier qui tremble, le drap qui s’envole, je lève la tête et y’a une gigantesque bagnole juste au dessus de moi. David est *très* fier de lui. Blue boxer et moi on est scié. Trop fort. On serre tous la main à David, ce coup-ci il fait pas sa pute, et je retourne à ma place. Les gars de Ruquier me demandent comment il a fait, je leur réponds que j’ai rien compris. Ils me prennent pour un complice. Et pourtant…
David enchaîne sur Webster. Copier-coller de ce que j’avais déjà vu, mais c’est toujours aussi bon. Si, une nouveauté : Webster a pissé partout. David a toujours autant la classe. Les réactions du public « Do it again » et « Slow motion » sont clairement précalculées, mais je les ai devancées : connaissant le truc, j’ai gueulé :
-Do it again ! Refais le ! In slow motion! Au ralenti!
David cherchait son complice au fond à droite et c’est moi, devant à gauche, qui hurle. Du coup il fait une drôle de tête, puis son complice se fait entendre. Il enchaîne avec son « do you think this is Monday night football ? » et fais tout un tas d’autres blagues auxquelles on panne rien. Ce à quoi il rétorque :
-In american this is *very* funny.
Une réplique qu’il refera souvent.
La vidéo du tour (pas celle du Zénith, hélas):
LE CANARD:
Pour le fun. Regardez un peu ce qu'il est possible de faire avec un canard. Attention: le tour n'est pas forcément où l'on croit...
Et là il nous annonce la téléportation. Le scénar est toujours le même : le fils qui veut revoir son père. Mais ce sont clairement pas les mêmes personnes. Bon, ça, c’est scripté. Par
contre, ce coup-ci il va en Jamaïque. Et les preuves sont différentes, enfin c’est le même principe mais c’est clairement infalsifiable, avec des gens pris au hasard (avant j’avoue que j’avais
toujours eu des doutes mais depuis que je suis monté sur scène moi-même…). Enfin bref : cartes, mots, photos, écritures sur le bras de David. Puis il monte sur sa plate forme avec le fils du
gars. La plate-forme s’avance très loin dans la salle, juste au dessus du public. Certains, les premiers rangs, sont carrément derrière lui. De toutes façons, y’a des miroirs et des
caméras : il peut pas se barrer, il est totalement cerné. Grosse musique sentimentale, un hurlement, un flash, le drap qui décolle, et… plus personne ! Puis la scène de réapparition en
Jamaïque, avec le gars qui court dans l’eau, la photo, tout ça, infalsifiable.
Puis David réapparaît, à tout juste 2 mètres de moi, en plein public ! Et j’ai encore rien compris, rien vu. Le gars à côté de moi, juste à côté de David, me dit que lui il a vu un type se
pointer dans le noir par derrière à 4 pattes, puis il a vu que c’était David quand il a installé le socle à vent et lumière sur lequel il est monté pour réapparaître. Mais ça n’explique pas
comment il a disparu… Le mystère reste donc entier.
Le tour en vidéo. Attention, ça tue la gueule:
-C’est la fin, les amis… Vous en voulez encore ? OK ! Je vais vous lancer des sphères en acier et les premiers qui ont le crâne fendu auront le droit de venir pour le dernier
tour ! Blague ! Je vous lance des ballons !
Et de grands ballons arrivent, tout le monde se dispute, j’en chope un, mais tant que la musique s’arrête pas on doit les laisser repartir. Quand ça s’arrête, ceux qui ont un ballon vont sur
scène. Je vous raconte pas la baston. Heureusement moi j’étais calmé paske j’étais déjà passé, mais sinon… Enfin bref, les gars montent sur scène, s’assoient sur des sièges, sont recouverts d’un
drap qui décolle et tout le monde a disparu !! 10 secondes plus tard, ils réapparaissent tout au fond de la salle…
La vidéo du tour qui troue tout:
Voilà voilà. David est un dieu.
FLYING:
David vole. C'est aussi simple que ça. Et c'est complètement dingue. Il y a forcément des câbles. Mais où o_O ? Regardez bien à 00:44...
DEATH SAW:
Il se fait *encore* couper en deux. Mais ce coup ci, avec une scie géante ^^
David fait disparaître le train de l'Orient Express. Amazing.
Ce cher David n'a rien trouvé de mieux que de la *traverser*. Enjoy :)
LA STATUE DE LA LIBERTE:
David la fait disparaître. Rien que ça. Bon, d'accord, les costumes et la mise en scène ont mal vieilli, mais bon...
MOON RISE:
LE VOYEUR:
Je vous laisse découvrir...
ACE TRICK:
Un tour de carte tout simplement magnifique:
SPIRITS:
Une histoire de fantôme. C'est long mais ça tue.
VANISHING EGG:
Quand David se lâche, ça donne ça. En gros: il ne fait que des conneries :)
Eh oui, David fait des tours avec la caméra. Mais ce n'est pas de la triche. Le tour n'est pas où on le croit :)
Il y a bien évidemment des tonnes d'autres tours, je vous laisse les découvrir grâce à la magie de YouTube. Ou, mieux: payez vous le DVD "Illusion". Ou alors, allez carrément le voir.
David repasse en France dans une petite dizaine d'années. Sinon, il fait deux spectacles par jour à Vegas :)