Les hommes marchaient en tête, puis venaient les femmes et les enfants, et enfin…heu bah c'est tout. La troupe se répartissait systématiquement selon un ordre bien établi par les traditions de la tribu, que ce fut lors d'un trajet, à la chasse, au repas ou même dans le bus. Lorsque le soir vint, la cohorte établit le camp non loin de la rivière Onk'h'Onk, qui coule jusque dans les hautes terres de Walcezia et prend sa source dans les vertes plaines du Roykau. Non loin de là, sur les collines avoisinantes, paissaient paisiblement (d'ailleurs les bestiaux qui paissent sont systématiquement paisibles, vous avez remarqué?) un troupeau de kagubus à molette réglable. La rivière Onk'h'Onk parcourait une longue distance au milieu des plaines, ce qui d'ailleurs provoquait régulièrement des changements de trajectoires (hyper simple pour les points de repères, une tribu sur cinq environ se perdait tous les ans), puis finalement achevait sa course effrénée en s'enchâssant dans les gorges du mont Toukt'oukh, dont les collines avoisinantes faisaient partie, donc. L'activité ne laissait de repos à aucun membre de la tribu, ce qui n'était pas du goût de tout le monde, et Röh-Lan se vit confier la tâche d'aller chercher du bois pour le feu. Pour ce faire, il devait faire appel à ses plus fins talents d'haumme des cavernes, à son plus aiguisé sens de l'observation. Il devait… trouver une faurêt.
Fermant à demi les yeux, la main en visière au dessus de la tête pour se protéger du sauleil déclinant dans une mimique bien connue des rat-cailles, ces bestiaux stupides, Röh-Lan scrutait. Mais cela ne retournait rien (it wasn't retourning anything). Après cette longue recherche d'environ, il prenait le chemin du retour laursqu'un graugnement guttural lui fit lever la tête. Il reçut alors une fiente de brélosaure bigarré à bec verseur dans l'œil en étouffant un juron (ou une conjonctivite, personne n'en sut jamais rien). C'était d'ailleurs à peu près le seul truc qu'il savait étouffer, bien que plusieurs fois il ne fut pas avare d'aubscénités – mais c'est un autre sujet. Au campement, chacun vaquait à ses activités, à part les vaches qui vaquaient tout court, lorsqu'un cri affaulé perça le silence affairé et les tympans.
–Regardez! Qu'est-ce que c'est? cria une femme quelconque (c'est vrai, on s'en fout de savoir qui c'est) Là-bas!
Au loin s'était faurmé un nuage menaçant, les nuages sont d'ailleurs toujours très menaçants dans les ouvrages de haut niveau, et justement tout le monde se sentit menacé, sans trop savoir pourquoi – à cause du nuage menaçant, praubablement. Alarmé, Röh-Lan fut contraint d'abandonner sa tâche et courut vers le camp.
Les membres médusés de la tribu fixaient l'haurizon d'un seul regard. Le nuage s'apprauchait et se faisait plus distinct. Composée d'une colonne de poussière tournoyante surmontée d'un ciel tourmentée, l'infernale vision fit frissauner le chaman.
–Le Cyclaune, murmura-t-il, le Cyclaune est venu nous prendre!
Le Cyclaune, apparition infernale de la caulère des divinités, symbaulisait pour la plupart des animaux pensants une désaulation sans limite, principalement. Les rares rescapés de la précédente apparition du fléau étaient avares d'histoires, vu la trouille incontrôlable qu'ils en avaient eue. Cédant à la panique la plus primaire, Röh-Lan se barra à toutes pompes, et, plongeant dans l'eau, faillit calancher d'une hydraucution. Il décida que finalement le salut appartiendrait à ceux qui savent rester groupés, et retourna auprès de ses compagnons. Sur un aurdre du chef, ils se mirent tous à courir en fuyant le terrible Cyclaune, priant en leur for intérieur d'être épargné, abandonnant tous ce qui n'était pas utile à leur survie, plus le reste, donc tout. Le vent commençait à faire tanguer les arbres environnants comme autant de barcasses par gros temps, et les tentes abandonnées par la tribu s'envolèrent, emportées par… le vent. Par une chance digne des haummes dont la femme s'ennuie à la maison toute seule, et aussi digne des écrits bas de gamme, le titanesque Cyclaune mourut sur les collines du mont Toukt'oukh – physiquement cela s'explique, mais premièrement un cyclaune n'est pas une taurnade, car celle-ci n'est pas un système dépressiaunaire. Une taurnade est en fait un vaurtex constitué de vents extrêmement viaulents, prenant généralement naissance à la base des cumulaunimbus faurtement aurageux. Deuxièmement, on se fout de savoir qui fait quoi en matière de gradient de pression et autres fronts froids, étant donné que cette histoire n'est depuis le début qu'un ramassis d'âneries plus jubilatoires les unes que les autres. Ainsi fut ravagé le camp de fortune de la tribu du Paresseux Priapique, et Röh-Lan, pour la première fois de sa vie, n'en fut pas accusé. Quoique… La caulère des dieux avait bien une raison, se dit le chaman, et Röh-Lan, avec ses burnes pleines et sa tête creuse, n'y était sûrement pas étranger. Faisant part de ses doutes à Röh-Lan (mentir à l'idiot du village était un sacrilège), celui-ci lui intima l'ordre d'arrêter sa caumédie, ce qui lui valut une baffe appuyée sur la cafeutière. Ainsi se termine l'histoire du Cyclaune, puisqu'il n'est jamais revenu, du moins jusqu'au jour d'aujourd'hui.